Informations syndicales CGT destinées à tous les travailleurs de la région de Cherbourg.
Les salariées de Socoval continuent d'occuper leur usine.
Cette affirmation a fait bondir Geneviève Gosselin. « Je pense qu'on s'est fait berner », a réagi, à chaud, la députée. Lorsque Socoval a perdu, en février 2012, le contrat Mugler qui représentait tout son plan de charge, « ils (Socoval) ne sont pas allés chercher du travail », assure l'élue, en ironisant sur une entreprise qui salarie des commerciaux sans leur donner de voiture pour se déplacer. Ce sont les élus locaux, Bernard Cazeneuve, puis Geneviève Gosselin, qui sont allés démarcher LVMH et ont ramené le contrat Christian-Dior. « Cette commande, ils (Inghirami) n'en voulaient pas. Dès le départ, ils avaient décidé de vendre le terrain. Nous nous sommes fait berner. »
Engagement
Hier, la députée a rappelé l'historique de cette affaire. « Dans un courrier en date du 15 janvier dernier, le groupe Dior a confirmé sa ferme intention de confier à la structure économique qui paraîtra la plus pertinente un volume de commandes tel qu'il apportera à Socoval un soutien pérenne. Le 4 février, le président de Dior et son directeur industriel se sont engagés... »
Geneviève Gosselin confirme que des échanges n'ont pas eu lieu directement entre LVMH et Socoval. Elle précise que c'est un façonnier cherbourgeois travaillant pour LVMH, qui a servi d'intermédiaire. « Des contacts ont été pris entre Pierre Nogales (société ADN confection implantée sur les terrains Simon Frères) et M. Catalano. »
Ces contacts, pour la députée, allaient très au-delà d'échanges généraux sur l'avenir du luxe français. Ils signifiaient l'engagement des deux entreprises. La preuve : « le 21 février dernier, MM. Nogales et Catalano ont travaillé à l'adaptation du format industriel de Socoval et ont abordé la manière dont M. Nogales pouvait intervenir dans cette opération pour répondre aux prescriptions qualitatives de Dior. Le 12 mars dernier, deux modèles de vestes et des fiches techniques ont été expédiés par Dior chez Socoval (ce que confirme Éros Catalano). La direction industrielle de Dior attend en retour une analyse de ces produits et une proposition commerciale de la part de Socoval. » Le directeur de Socoval dit, lui, qu'aucune demande en ce sens n'a été formulée lors de cet envoi.
Solution
Mauvaise foi ou incompréhension ? A chacun de juger cette partie de billard à trois bandes. Ce qui ne semble plus contesté par personne, en tout cas, c'est que Socoval va fermer. « Bernard Arnault, PDG de LVMH, indique la députée, est disposé à confier ce marché à Pierre Nogales, qui pourrait alors offrir une solution aux salariées de Socoval après leur licenciement. »
Des salariées très remontées qui continuent à occuper l'usine jour et nuit et entendent bien négocier durement leurs indemnités de licenciement.