Informations syndicales CGT destinées à tous les travailleurs de la région de Cherbourg.
Sur fond de suppressions d’emplois chez PSA, Renault et dans la sous traitance et alors que le gouvernement se prépare à annoncer un plan d’aide à la filière automobile, la fédération CGT de la Métallurgie a tenu ce mardi 24 juillet, une conférence de presse.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT Métallurgie énonce des propositions pour développer l’industrie automobile.
Jean-Pierre Mercier, délégué syndicale CGT PSA Aulnay, conteste les arguments de la direction de PSA pour justifier la fermeture de l’usine.
A la veille du second CCE de PSA sur les restructurations et du conseil des ministres qui va semble-t-il proposer des mesures concernant la filière, il nous a semblé important de repréciser la position de la CGT. Faut-il le rappeler, la CGT s’oppose fermement à la restructuration et aux suppressions d’emplois annoncées par la direction. Nous pensons au contraire qu’il faut maintenir la construction et le montage d’automobiles à AULNAY, maintenir l’emploi sur tous les sites voire en créer pour répondre aux besoins croissants en matière de déplacement.
Sans avoir la prétention de répondre à toutes les problématiques, permettez-moi d’évoquer quelques points.
Tout d’abord, les annonces faites ne sont pas liées à la situation actuelle contrairement à ce que dit le PDG. La CGT a dévoilé il y a un peu plus d’un an, ce plan de la direction qui ressemble à si méprendre à l’actuel. Seul le calendrier électoral était avancé pour justifier la période pour le dévoiler, c’est-à-dire après les élections présidentielles et législatives.
D’ailleurs, l’année 2011 a été très bonne pour le groupe avec un bénéfice de 784 millions d’euros dont 250 ont été versés aux actionnaires.
Au niveau des ventes, PSA a maintenu celles-ci à un point très élevé, plus de 3,5 millions de véhicules soit quasiment son record qui était de 3,6 millions l’année précédente.
En Europe, premier marché mondial après la Chine, on constate un léger tassement des ventes dû essentiellement, mais vous pourriez le deviner au marché espagnol, italien , royaume uni , grec et portugais. De plus, des problèmes d’approvisionnement liés à la catastrophe du Japon ou aux déboires d’un fournisseur italien de vis auraient fait perdre plusieurs dizaines de milliers de véhicules au groupe et l’équivalent de 400 millions d’euros.
Il y a aussi l’abandon du marché iranien, 200 000 véhicules vendus chaque année. Malgré tout la C3 fabriquée à AULNAY reste la 3ème voiture la plus vendue en France et la 10ème en Europe.
La direction de PSA évoque la conjoncture qui ne s’améliore pas. Certes, la crise sévit de plus en plus et on ne voit pas comment bon nombre de nos voisins européens vont pouvoir s’acheter une voiture neuve. Ils pensent d’abord à survivre, à se loger et à manger. La situation est identique pour la France.
Le PDG de PSA veut profiter de cette situation pour faire évoluer la stratégie du groupe vers plus de profitabilité, plus de productivité au détriment de l’emploi et des productions en France. Une stratégie qui s’apparente de plus en plus à celle du groupe RENAULT comme l’indique la récente alliance avec GM.
Nous contestons l’idée de surcapacité de production, d’ailleurs les constructeurs ferment des sites en France pour aller s’implanter dans d’autres pays dits à bas coûts.
C’est le cas chez RENAULT, comme chez PSA. Nous ne nous sommes jamais opposés à des implantations de sites dans d’autres pays à condition qu’elles servent au marché local. Force est de constater que les productions "low-cost" comme on les appelle, servent d’abord pour le patronat, à pointer le coût du travail comme ils disent, pour faire pression sur les salariés en France.
Lors du rachat de DACIA par RENAULT, le PDG de l’époque jurait la main sur le cœur que jamais aucune LOGAN ne serait vendue en France. On voit ce qu’il en est aujourd’hui.
Fermer des sites, restructurer, supprimer des emplois permet d’abord d’augmenter la flexibilité des salariés par une organisation rigide du travail. Cela accroit la pénibilité et les mauvaises conditions de travail. Cela augmente également la précarité, il n’est plus rare à présent de voir des agences d’intérim à l’intérieur des sites comme c’est le cas chez VALEO.
Tous les 10 ou 15 ans, on nous fait le coup des surcapacités pour mieux justifier les restructurations, le marché automobile continue lui à progresser.
Dramatiser la situation, c’est aussi faire pression sur les syndicats. Le chantage à la signature de l’accord compétitivité/emploi chez SEVELNORD pour obtenir la fabrication d’un nouveau modèle, en est l’illustration.
On peut noter d’ailleurs que dans un tout autre contexte, des négociations sont engagées chez RENAULT.
On peut également constater la complicité de l’UIMM, dont le président, Mr SAINT GEOURS par ailleurs directeur des marques chez PSA, qui propose en urgence une réunion spécifique sur la filière automobile dès la rentrée de Septembre
Les salaires dans notre pays ne sont pas un problème pour la compétitivité des entreprises. Au contraire, il y a nécessité de les augmenter afin de favoriser la croissance et favoriser le renouvellement du parc dont l’âge moyen est de 9 ans en France comme en Europe. Ce qui fait la différence sur le prix des véhicules low-cost, ce sont d’abord les aides d’état, les exonérations d’impôts etc. tout cela au détriment de l’intérêt des populations. Comme le disait Carlos GOSHN dernièrement, le MAROC nous a fait un pont d’or pour nous implanter sur son territoire. Mes camarades de RENAULT pourront vous détailler la chose.
Ce qu’il convient de souligner ce sont les bénéfices et dividendes enregistrés, ces dernières années.
Depuis 2005,
Plus de 12 milliards pour RENAULT et plus de 2 milliards pour PSA concernant les bénéfices.
Près de 3,5 milliards chez RENAULT et près de 1,5 milliard chez PSA concernant les dividendes.
(Renault dispose d’une trésorerie de 11,4 milliards d’euros et PSA de 9,5 milliards d’euros de disponibilité.)
Au-delà de PSA et RENAULT, il y a un enjeu pour toute la filière automobile.
Nous attendons de l’Etat qu’il annonce demain le gel de toutes les restructurations dans la filière et qu’il organise rapidement une réunion pour faire un état des lieux de la filière. Pas à la sauce de l’ancien gouvernement et les états généraux de l’automobile qui n’ont fait la part belle qu’aux propositions patronales sans réelle contrepartie, ni contraintes, comme ce fut malheureusement le cas MOLEX de la part du ministre ESTROSI.
Faire également un bilan des fonds publics versés aux entreprises tant au niveau régional qu’au niveau national par le prisme du crédit impôt/recherche, du recours au chômage partiel, les pôles de compétitivité etc.
Faire état du taux de crédit pratiqué par le FSI ou le FMEA vis-à-vis des petits sous-traitants et favoriser l’aide financière aux PME et PMI de la filière.
Nombre d’entre vous ont évoqué les passes d’armes entre le ministre du redressement productif et le PDG voire la famille PEUGEOT. Pour autant et cela s’est confirmé hier à Matignon, le gouvernement n’a toujours pas remis en cause ni la fermeture d’AULNAY, ni les suppressions d’emplois.
Ce soir, nous rencontrerons l’expert désigné par Mr MONTEBOURG. Il avait 15 jours pour vérifier la réalité des comptes de PSA. Nous attendons plus, beaucoup plus.
La CGT a fait des propositions, j’en ai évoqué quelques unes notamment autour de la question des salaires.
La fabrication de 2 modèles par site afin de lisser les productions et de gérer les fins de vie des modèles.
L’idée d’un livret épargne automobile qui permettrait d’emprunter à taux zéro notamment pour les plus jeunes.
La mise en œuvre d’accord de pénibilité pour favoriser le départ des anciens et l’embauche de jeunes.
Dès demain au CCE, nous voterons une expertise avec, nous l’espérons, l’ensemble des organisations syndicales, pour travailler des alternatives au plan VARIN. Nous souhaitons que les experts du CCE soient entendus par le gouvernement.
Nous l’avons dit, la direction a choisi cette période de congés et de ramadan pour annoncer les mauvaises nouvelles. Elle compte là-dessus pour éviter des réactions et commencer déjà à enclencher des mutations, des reclassements en dehors de toute légalité.
Nous entendons bien amplifier la réaction du personnel. La CGT prendra ses responsabilités.
Réunion des syndicats CGT PSA fin aout sur des modalités d’actions Journée d’action le 9 octobre sur l’industrie et ses emplois.