Informations syndicales CGT destinées à tous les travailleurs de la région de Cherbourg.
COMMUNIQUE DE PRESSE UNION LOCALE CGT CHERBOURG
La CGT souhaitait réagir à votre article du samedi 9 novembre 2013 « La vérité sur le contrat des CMN ». Oui c’est la vérité sur les chiffres, mais ces chiffres, il y a longtemps que le syndicat CGT des CMN les annonce (bien avant la venue de F. Hollande). Pour des raisons qui nous échappent, l’ensemble des médias n’avait pas jugé opportun de les annoncer jusqu’alors. Il aura fallu que la Direction des CMN les communique pour que vous les relayiez. Dommage, vous avez raté le scoop et trop longtemps fait régner le doute sur les emplois.
La CGT dénonce la non transparence de la Direction et ses méthodes de gestion depuis le début. Est-ce que le but de la manœuvre n’est justement pas de mettre l’entreprise en péril pour ensuite pourvoir faire pression sur les salariés et leur faire accepter n’importe quoi au prétexte que la situation est catastrophique. La faute à qui ? Nous sommes tous conscients qu’il ne s’agit pas là d’une opération industrielle, mais d’une opération financière comme c’est trop souvent le cas. Ces manipulations sont toujours dénoncées par la CGT mais rarement relayées par les média. Le pouvoir de la finance détruit l’emploi au profit de l’actionnaire. Le problème ce n’est pas le coût du travail, mais celui du capital.
Il est étonnant que l’entreprise ne se soit pas préoccupée plus tôt de la compétence locale disponible. Mais on avait déjà mis en place la venue de travailleurs déplacés… En effet, il a fallu attendre la parution d’un article dans Ouest France le 30 octobre 2013 dans lequel Pôle Emploi affirmait qu’aucune demande n’avait été formulée par CMN dans les métiers concernés pour que, miraculeusement, CMN dépose une offre d’emploi de soudeur et de chaudronnier ce même jour. Pour se donner bonne conscience sans doute, mais un peu tard. !! Il faut se battre contre les logiques financières et la mise en concurrence des travailleurs, exiger des recrutements locaux, ainsi que la préservation des qualifications et du savoir-faire industriel.
Dans votre article vous écrivez également : « depuis, la CGT comme la CFDT sont montées au créneau ». C’est faux ! Seuls les camarades du syndicat CGT des CMN se battent comme des lions depuis des mois pour défendre leurs emplois, ils ont multiplié les rencontres avec les décideurs locaux ou parisiens. Ils ont même dû taper du poing sur la table pour enfin pouvoir bénéficier de formations pendant leur chômage partiel. Nos camarades étaient présents, eux, dans la manifestation du 30 septembre 2013 lors de la venue de F. Hollande pour la signature du contrat. Où était cette autre organisation syndicale ? A l’intérieur de la cité de la Mer ! Avec ceux-là même qui venaient de signer en grande pompe le contrat. La preuve en est, cette formidable photo où les représentants permanents de ce syndicat posent tout sourire, en bleu et en talons aiguilles, casque sur la tête (une première pour certains). Et aujourd’hui, ils s’indignent du traitement qui est infligé aux salariés des CMN. . C’est scandaleux. Tout comme ils ont organisé à l’insu de l’intersyndicale chez Euriware une réunion avec la DRH à l’hôtel Mercure afin de négocier sans doute, mais quoi ?? … Comme en se retirant de l’intersyndicale du CHPC, ils vont sans doute valider les 150 suppressions de postes, les 12h de travail consécutifs et par la même la dégradation de la qualité de soins ?
Quant à la récupération par le Front National, c’est la cerise sur le gâteau, à 4 mois des municipales, c’est intolérable. Invoquer le dumping social alors que l’héritage Lambert, qui constitue la fortune des dirigeants de ce groupuscule, s’est constitué « par le travail, la peine, parfois même la mort d’un personnel en grande partie étranger ». Asiatiques, Polonais, Espagnols, Italiens, Maghrébins travaillaient dans les carrières de Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise) et Vaujours (Seine-Saint-Denis), « le bagne Lambert ». « Logés par l’usine, endettés à l’usine, les travailleurs n’avaient alors qu’à trimer afin d’accumuler les milliards dont le chef du Front national a hérité en 1976. » L’héritage « équivalait au salaire qu’un ouvrier de Lambert aurait pu espérer toucher en l’espace de… dix siècles » ! Dans extrême droite il y a droite, ce qui ne présage jamais rien de bon pour les salariés.
La CGT est disponible pour les salariés qui souhaitent défendre leurs intérêts collectifs en toute indépendance des lobbys patronaux ou des partis politiques. Nous invitons ces mêmes salariés à s'organiser avec nous pour promouvoir le progrès social.